Domaine des Granges

Daphné Martin, Pascal Guerby et son fils Julien
Implanté sur le magnifique terroir « Rhône Septentrional » en bordure de la ViaRhôna, le Domaine innove par la culture et la vinification de cépages nouveaux : les cépages résistants.
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Sur le panneau à l’entrée du Domaine des Granges, la mention «cépages résistants» figure en bonne place, telle une signature revendiquée par Daphné Martin, Pascal Guerby et son fils Julien. Fin avril, ils ont organisé une journée de découverte de leurs cuvées «Terres des Granges» : un rouge élaboré exclusivement à partir du cépage artaban, un blanc en monocépage floréal et un rosé 100 % caladoc. Ainsi a été lancée la commercialisation de leurs 5 300 premières bouteilles issues des vendanges 2021 sur des vignes plantées en 2020. Une petite révolution pour cette exploitation drômoise en EARL qui, depuis le 1er mai, ne compte plus un mais trois associés puisque Julien et Daphné, compagne de Pascal Guerby, l’ont officiellement rejoint à la tête du domaine. Leur arrivée a quelque peu bouleversé l’ordre des choses.

Jusqu’à présent, Pascal, installé en 1992 et «coopérateur dans l’âme», ne travaillait qu’avec des coopératives : Coopenoix pour ses 15 ha de noyers, la cave de Clairmont pour ses 13 ha en crozes-hermitage. Rien ne devrait changer à l’avenir pour ces productions. Mais, s’ajoutent désormais deux hectares de jeunes plantations, essentiellement en cépages résistants artaban et floréal, issus des programmes de recherche de l’Inrae. Sans oublier le caladoc, croisement entre le grenache noir et le malbec reconnu en 1958 par l’Inra, et une petite surface en syrah. Le tout sera vinifié pour proposer, à terme, cinq cuvées monocépage, en catégorie «Vin de France», celle des vins sans indication géographique (VSIG).

 

Cuverie inox et petits contenants

«Julien et Daphné avaient l’envie d’amener le produit jusqu’au bout», commente Pascal Guerby qui, de son côté, s’intéressait depuis 2017 aux cépages résistants. «Nous avons réalisé de nombreuses visites de parcelles expérimentales et participé autant que possible aux dégustations de vins issus de ces cépages, que ce soit au Sitevi, avec l’Institut rhodanien ou encore la chambre d’agriculture de la Drôme», signale le vigneron. En prévision de l’installation de Julien (salarié du domaine depuis 2020) et de Daphné (en reconversion professionnelle), une cave a été aménagée sur le domaine. «Nous avons profité du bâtiment qui abritait les anciens frigos de stockage des pêches. Ceux-ci nous permettent de gérer le froid durant la vinification. Nous avons investi dans une cuverie inox et travaillons en petits contenants», expliquent Pascal et Julien. L’hiver dernier, les associés ont également réaménagé un ancien hangar en espace d’accueil et de stockage. «Au total, nous avons investi 130 000 euros pour la cuverie, les plantations et l’aménagement de l’espace de dégustation. Nous nous sommes également équipés, pour 10 000 euros, de deux remorques élévatrices d’occasion avec vis sans fin. Elles nous dispensent de quai de réception et de pompe à vendange», précise Pascal Guerby.

 

«Un produit nouveau à des prix accessibles»

À terme, le Domaine des Granges espère produire 15 000 à 20 000 bouteilles par an. La commercialisation aura lieu en priorité au domaine et sur les Salons mais aussi dans le circuit CHR. «Nous voulons proposer un produit nouveau, à des prix accessibles», affirment les associés [les trois cuvées mises en vente pour l’instant sont à moins de huit euros la bouteille, ndlr]. Seule contrainte : le prix des matières sèches. «Elles représentent environ 20 % du coût de la bouteille. Pour ce millésime 2021, nous n’avons pas été pris au dépourvu car nous avions commandé bouteilles, bouchons, étiquettes, collerettes, cartons avant l’automne. Mais la question se pose pour 2022. Nous serons peut-être obligés d’augmenter les tarifs de nos vins.» L’invitation à découvrir leurs cuvées, le 23 avril dernier, a connu un grand succès. Près de deux- cents personnes ont poussé les portes du domaine et les retours sont très positifs. «Les gens étaient contents de découvrir des vins frais, fruités et structurés», commente Pascal Guerby. «Ils étaient aussi surpris, par rapport à la jeunesse des plants, que l’on puisse sortir ce type de vins», poursuit Julien. Objectif à présent : ajouter à la gamme deux nouveaux rouges, l’un exclusivement à base de caladoc, l’autre de syrah.

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